
Je suis une metteure en scène de formation, adepte de la création.
J’attrape et raconte des histoires.
Théâtre traditionnel ou avant-gardiste, docu-fiction cinématographique ou balade audio, installation ou évènement hybride, je cherche la meilleure façon de les raconter.
Je suis née en Italie. Avant d’apprendre à écrire ma propre langue, à l’âge de six ans, ma mère m’apprenait l’anglais dans la cuisine. Entre « to be » et « to have », j’apprenais « to be hungry for » (= désirer ardemment), car par cette autre langue elle me léguait son amour pour les autres cultures, la connaissance, le monde. Tout ce qui est nouveau, diffèrent, autre, me parle et m’attire. Nulle autre part qu’à Montréal, ma ville adoptive, j’ai trouvé autant d’autres, acceptés (presque toujours) comme tels. Plus je vieillis, plus je me rends compte que l’autre est partout, en dehors et en dedans, si seulement on se met à l’écoute.
La complexité du réel me fascine.
Je suis portée par un désir irréfutable de montrer l’autre version de l’histoire, de balancer le débat et enrichir le sujet par toutes ses facettes. J’aime être l’avocat du diable.
Je me retrouve surtout à raconter l’expérience de vivre au féminin, hantée par les lieux où l’intime se lie à l’historique.
J’aime être émerveillée. J’aime l’art qui me permet de m’oublier le temps qu’un petit glissement du moi s’effectue.
Je crois que l’œuvre ne s’achève que dans le spectateur, dans la spectatrice.
Alors, au moment venu, je recule d’un pas et j’écoute.
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